Le Bodystorming: Bougez votre corps pour développer vos idées!

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La quantité d’informations gérée par les outils 2.0 devient de plus en plus importante rendant les organisations dépendantes de la logique et du langage informatique. Deux problématiques sont alors soulevées lors de conduite de projet. L’ordinateur est une machine logique qui ne peut prendre en compte des informations perçues. Or les changements de notre environnement et des modes de consommation ou d’utilisation des clients ne suivent pas des modèles mathématiques définis mais reflètent les modifications de ceux-ci. Aussi, l’être humain se fie de moins en moins à ses intuitions (relatives à la perception) pour se concentrer exclusivement sur des faits traités par l’informatique. Ainsi, les renseignements tronqués ont tendance à nous couper de la réalité. Ce phénomène est remarquable lors de la conduite de projet où toutes les décisions, où toutes les idées sont échangées autour d’une table de conférence. Cependant, le langage utilisé par chaque collaborateur peut être différent et peut impacter la communication de l’équipe de façon négative. Les projets innovants ont besoin d’une communication rapide entre les collaborateurs ainsi que d’une génération rapide d’idées.

Quels outils avons-nous pour engendrer de telles conditions ?

J’aimerai vous parler du bodystorming (sorte de brainstorming corporel), une méthode unique et utile lors du travail d’empathie, de recherche d’idées et de prototypage. Le bodystorming est une technique de facilitation pour la compréhension d’un groupe face à un projet permettant de faire l’expérience physique d’une situation et d’en tirer de nouvelles idées à développer. En pratique, il contribue à créer des scénarios autour de situations observées et observables afin d’en traduire les connaissances perçues en une communication rapide et génératrice d’idées. C’est aussi un outil de travail collaboratif s’appuyant sur des cycles courts Générer-Faire-Apprendre favorisant l’engagement mutuel dans des processus d’innovation et dans des expériences stimulantes.

 Quel est le but de ce jeu ?

Le but du bodystorming est de tester physiquement une situation. Il peut également impliquer un changement de l’environnement lors du développement des idées. Les participants se focalisent sur les modes et les moyens d’interactions avec leur environnement. Nous « bodystormons » pour générer des idées inattendues (lesquelles ne pouvant être développées lors des discussions autour d’une table), pour faciliter l’empathie indispensable dans le cadre de projets innovants ou encore pour envisager des alternatives aux solutions existantes. La communication rapide est développée par le langage corporelle, la gestuelle, le mime… Il s’agit d’appliquer une communication de situation.

 Quand utiliser le bodystorming ?

Dennis Schleicher soutient que le bodystorming devrait être une des premières actions à mener lors de la définition du problème. Néanmoins, cette technique est applicable à chaque phase du processus d’innovation :

  • Comprendre : découvrir les problèmes et les situations rencontrées par l’effet miroir (je prends la place physique de mon client) et par le questionnement pertinent,
  • Observer : certaines situations sont problématiques à cause de l’environnement dans lequel elles se déroulent. Aussi, la mise en situation dans l’environnement réel ou dans un environnement équivalant permet d’identifier des informations supplémentaires,
  • Visualiser : explorer les mises en situations pour développer de nouvelles idées, de nouvelles utilisations ou encore de nouvelles caractéristiques,
  • Evaluer : la mise en action de scénarios d’utilisation avant et après projet permet de mesurer l’efficacité des idées engendrées ou découvrir d’autres dysfonctionnements avant même le prototypage du produit permettant une économie pour l’entreprise,
  • Améliorer : la mise en situation physique permet de développer l’esprit créatif et le talent d’improvisation des collaborateurs.

Il est important de souligner que tout projet exige au moins quelques séances de bodystorming.

 Comment jouer ?

L’implication de l’ensemble des collaborateurs doit être totale. La méthode s’appuie sur la matérialisation des choses : si vous essayez de rechercher des idées pour améliorer le quotidien des patients hospitalisés, alors prenez la place des malades (fauteuil roulant, perfusion…). De même si vous concevez des produits pour les personnes âgées, frottez un peu de vaseline sur vos lunettes pour voir le monde à travers des yeux plus âgés.

Aussi, votre équipe et vous-même pouvez vous appuyer sur l’une de trois phases décrites ci-dessous afin de vous familiariser avec ce jeu. Bien que vous puissiez les effectuer dans l’ordre, de l’observation à la génération d’idées et de prototypes en passant par l’apprentissage, il ne s’agit pas d’une suite à proprement parler. Ainsi, chaque niveau de bodytorming (de la scénarisation à l’improvisation totale) vous aidera à vous écarter de la méthode habituelle de discussion autour d’une table de conférence, vous incitant au contraire à développer des solutions concrètes et efficaces.Trois niveaux de bodystorming peuvent vous aider lors de votre conduite de projet :

  • Niveau 1 : Observation

Dans un premier temps, il est nécessaire de définir l’environnement du bodystorming. Dans l’idéal, l’équipe choisira le lieu de travail réel. Si celui-ci est inaccessible, on choisira un contexte ressemblant à l’environnement d’origine : par exemple, si vous développez un projet pour un café-restaurant, soit vous bodystormez directement dans cet endroit, soit vous installez des tables et des chaises de façon à se rapprocher de la configuration du lieu. Le but est de créer le cadre le plus réaliste possible afin d’en extraire des informations authentiques ne pouvant sortir des longues séances de réflexion en salle de conférence. Il est important que le groupe démarre sans aucune idées reçues, voir sans connaissances de l’environnement, afin de rester ouverts et attentifs aux différents signaux envoyés. L’étude préliminaire des documents disponibles permet aussi de soulever des questions dont les réponses impacteront la conception. L’équipe doit fusionner avec son environnement.

  • Niveau 2 : Mise en situation

Le concept de jeu de rôle accessoirisé permet la génération rapide d’idées. Dans cet exercice, un groupe, de cinq à huit personnes, joue une scène de mise en situation :

◦      Chaque personne a un rôle défini. Le rôle indispensable à définir en premier est le rôle du client, de l’uilisateur ou d’un groupe de clients. Il devient le point focal et le personnage principal de l’histoire. Le second rôle important est le narrateur. Il explique la situation aux observateurs. Il peut faire semblant de regarder un film et agir avec une télécommande pour arrêter la scène, pour rembobiner ou pour avancer. D’autres rôles critiques peuvent être définis, y compris des rôles abstraits comme Internet si l’interaction Internet-Client est importante.

◦      Les accessoires sont importants dans le bodystorming. Il est nécessaire de les préparer avant le démarrage du sketch, y compris les cartes-rôles (expliquant son rôle à chaque participant) ou les cartes-bulles (exprimant les pensées réelles de l’individu). Nous avons souvent constaté que les actes et les paroles des personnes ne sont pas nécessairement en adéquation avec leurs pensées ou leurs idées.

◦      Le groupe commence à mettre en situation ses idées soit en suivant un scénario prédéfini, soit en improvisant au fur et à mesure. Il est important de poser des questions relatives aux interactions entre les acteurs et l’environnement. Les participants ne doivent pas oublier les règles du jeu en s’appuyant sur les apports des uns et des autres. Aussi, la tournure « Oui et…. » génère plus d’idées que « Oui, mais… ».

◦      Au moins deux sketches sont nécessaires pour déterminer l’efficacité des idées générées, l’un avec l’environnement initial, le second avec l’environnement modifié.

  • Niveau 3 : Réflexion

En promulguant l’expérience, les participants exploreront de façon naturelle de nouvelles possibilités et découvriront des défauts ou des hypothèses au sujet du mode de fonctionnement d’une idée. Dans le cas où l’exercice est filmé, l’équipe peut visionner tranquillement la séquence pour discuter des points essentiels.

 

Choisir le bon niveau de bodystorming au bon moment pour le groupe est stratégique. En effet, le bodystorming demande aux participants de faire un grand pas loin de la table de conférence et de son mode de pensée typique. Ils devront d’abord appréhender le concept en élaborant et en participant à des sessions structurées, armés de scripts et de rôles spécifiques avant de se diriger vers l’improvisation totale. Dans tous les cas, l’exercice est plus mémorable qu’une habituelle session de résolutions de problèmes et permet de générer l’empathie provenant de la pratique de l’expérience.

A vous de jouer !!!

 Le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=FoygAHTGPRU vous présente une vidéo sur une session de bodystorming axée sur les difficultés rencontrées par les personnes handicapées.

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