L’Harmocratie: une innovation sociale disruptive pour répondre à la complexification des organisations

L’harmocratie n’est pas une méthode managériale comme peut l’être le LEAN Management mais bien une philosophie de gouvernance permettant l’émergence d’un SUMUS de l’organisation, d’une intelligence organique nourrie de l’intelligence collective et collaborative, d’un potentiel de créativité inépuisable.

Revolution

Cette philosophie s’inspire des méthodes de gouvernance qui l’ont précédée comme le Lean Management, le management agile ou encore l’Holacracy. Cependant, il est important de comprendre que le fonctionnement économique de notre Monde se transforme et se complexifie plus vite que nos organisations. Pour s’y intégrer, il ne suffit plus d’adapter des méthodes de gouvernance mais d’entrer dans une phase d’innovation sociale disruptive.

L’harmocratie est la solution pour toutes les organisations qui veulent davantage d’agilité, de créativité, de bien-être et d’anticipation productive.

L’harmocratie (du grec ancien ἁρμονία, harmonie (cohésion, collaboration) et du suffixe -κρατία, -cratie (pouvoir)) signifie littéralement « le pouvoir de l’harmonie » et permet de construire un cadre de travail favorisant la disparition des tensions sociales et des pensées parasites, la mutation des egos en sumus par l’auto-valorisation, la construction d’une organisation intuitive et la banalisation du changement.

Nous entendons aujourd’hui que l’organisation idéale est une organisation qui rend l’être humain heureux en donnant à chaque collaborateur sa place selon ses aptitudes et son potentiel. Cette pensée est cependant incomplète puisqu’elle ne prend pas en compte les appétences et les aversions des collaborateurs pour leurs propres aptitudes et leur propre potentiel. De plus, nous nous focalisons sur le bien-être des collaborateurs (qui est évidemment une finalité à atteindre) en oubliant les conséquences de nos actions sur le bien-être de l’organisation.

Beaucoup de nouveaux courants de pensées proposent également « lâcher » les egos ou de dissocier les fonctions des sentiments. De mon point de vue, ces méthodes simplifient les activités du management en considérant le corps humain comme une machine. L’effet bénéfique est de construire un environnement propice au bien-être des collaborateurs (peut-on encore parler de bien-être si nous sommes dissociés de nos egos?) mais l’organisation ne tire aucun profit de la singularité des pensées et intelligences individuelles.

L’harmocratie se caractérise par cette prise en compte de cette complexité humaine, se reposant sur le fait que chaque individu est bon, ses principes transcendent les egos et les potentiels de chacun pour le bien-être des individus et pour le bien-être de l’organisation. C’est à cette condition que l’organisation devient intuitive et éclairée, harmonisant les équilibres des sept systèmes complexes la composant (voir article https://lleofold.wordpress.com/2014/06/10/lentreprise-organique-combinaison-de-sept-systemes-complexes/) d’où ce terme d’harmocratie.

L’harmocratie est une philosophie de gouvernance intégrale innovante, combinant et transcendant les approches issues du biomimétisme, de l’intelligence collective, de la facilitation et du neurocognitivisme construit autour de sept principes (https://lleofold.wordpress.com/2014/07/24/les-7-principes-de-lharmocratie/):

  • Expérimenter la confiance,

  • Libérer les pensées parasites,

  • Développer les appétences collaboratives,

  • Auto-valoriser les équipes,

  • Faciliter la créativité,

  • Construire une organisation intuitive,

  • Promouvoir l’harmonisation continue.

Principe n°1 : Expérimenter la confiance

Aucune innovation disruptive, aucune méthode de management ne peut s’appliquer et se développer sans confiance. Or cette confiance, dans nos organisations atteints de nombreux niveaux :

  • Entre les collaborateurs des équipes,

  • Entre le médiateur (= manager) et son équipe et inversement,

  • Entre la hiérarchie et le médiateur et inversement,

  • Entre la hiérarchie et l’équipe et inversement,

  • Entre les équipes,

  • Entre l’organisation et son environnement.

Et cette confiance n’est pas naturelle. Elle doit se construire par l’expérience, la sincérité et la franchise, le droit à l’erreur cadrée, l’implication du médiateur, la communication constructive et le remerciement.

Ainsi, l’énergie de collaboration peut être consciemment libérée des méfiances égoïstes et des luttes de pouvoirs néfastes au développement de l’intelligence organique.

Principe n°2 : Libérer les pensées parasites

Une partie des pensées parasites est libérée par l’efficience du premier principe. La deuxième partie est libérée par la mise en place d’un système de gouvernance agile basé sur l’expérimentation effective permettant de se focaliser sur le moment présent, sur l’action et l’itération, sur l’adaptation. Ainsi, l’organisation n’a plus peur de se développer et d’avancer dans un monde flou.

Or, l’organisation est un organisme qui développe également ses propres pensées parasites indépendamment des pensées individuelles. C’est pourquoi il est important d’utiliser les techniques de méditation organique à l’ensemble de la communauté.

Le premier outil à utiliser est de lister et d’accepter les pensées parasites de l’organisation. Ces pensées sont réelles et les ignorer ne font que les renforcer. La deuxième étape est liée à l’expérimentation en temps réel en restant concentré sur le moment présent (ni passé, ni futur) et à l’analyse des résultats.

L’organisation est alors libérée de son carcan de peurs, freins à son développement, à sa réactivité et à sa proactivité.

Principe n°3 : Développer les appétences collaboratives

La tendance des entreprises est de développer le bien-être des collaborateurs par l’adaptation des postes à leur potentiel et à leur capacité. L’harmocratie prône quant à elle de prendre en compte les appétences des individus pour leur permettre de développer non seulement leurs compétences et leur bien-être mais aussi pour assouvir les besoins des egos. Ainsi, l’ego est assouvi par des expériences et la valorisation collaborative sans chercher une tension néfaste ou une guerre de pouvoir.

Il ne s’agit pas que chacun fasse ce qu’il veule mais de trouver de la valorisation dans une collaboration soulignant les capacités et les potentiels que notre ego considère comme primordial.

Ce principe permet d’utiliser l’énergie libérée par le premier principe, de mettre en route le fonctionnement collaboratif, de construire un commencement d’intelligence collective et d’assurer un environnement de bien-être persistant.

Principe n°4 : Auto-valoriser les équipes

Cette auto-valorisation est le fruit de l’auto-organisation des équipes et du résultat des trois premiers principes.

Chaque équipe est une mini-usine affectée à un client ou à une liste de clients. Elles créent leurs propres stratégies, leurs propres rôles, leurs propres politiques de fonctionnement. Ainsi, chaque unité devient extrêmement agile et souple.

Cette étape nécessite de revoir intégralement l’organisation des entreprises en éliminant les services en silos et les définitions de fonctions.

Chaque équipier est défini non plus par un rôle mais par une capacité propre utile à l’équipe. Par exemple, le Créatif est un collaborateur dont la créativité est mise au service des autres (idée pour améliorer la production, maintenance ….).

Chaque collaborateur est un électron libre au service de l’équipe qui a défini son rôle. Cette vision permet la valorisation de chacun. L’équipe trouve alors sa valorisation dans ses résultats et dans son fonctionnement sans se préoccuper des résultats des équipes voisines. Ainsi, l’organisation se libère également des tensions inter-équipes.

Ainsi, l’organisation se décompose en trois sphères :

  • La sphère pilote (définition de la stratégie de l’entreprise, harmonisation des parties intéressées…),

  • la sphère productive,

  • la sphère facilitatrice (facilite l’environnement et les interactions entre les cercles).

Principe n°5 : Faciliter la créativité

L’innovation est une composante indispensable de la vie d’une entreprise. Cette innovation résulte de la créativité non seulement individuelle mais aussi collective.

Cette créativité collective transforme les organisations en misant sur les talents, le savoir-faire et le savoir-être des équipes auto-valorisées alignées sur une vision commune du projet.

Ce principe se base sur les méthodes de construction d’intelligence collective et d’innovation participative et réussit le mariage entre facilitation de la créativité, design thinking, et culture itérative pour stimuler rapidement la génération d’idées en rupture avec l’existant.

Principe n°6 : Construire une organisation intuitive

Les cinq principes précédents permettent de libérer et d’éclairer l’organisation qui est plus à l’écoute de son environnement et plus sensible au moindre signe pouvant annoncer une nouvelle complexification. Ainsi, l’organisation acquiert la capacité de savoir ce qui est naturellement la meilleure chose à faire pour son bien-être et son développement et développe son intelligence organique nourrit de l’intelligence collective.

Elle réagit aux différents stimuli sensoriels de son environnement sans en avoir expérimenter les effets.

De plus, l’intuition ne peut être néfaste à l’entreprise car en cas de risques pour sa propre intégrité, le sumus réagit pour mettre en place les alertes nécessaires.

Principe n°7 : Promouvoir l’harmonisation continue

Ce système et ces principes doivent être maintenus en permanence sous risque de s’auto-détruire. Le principe d’harmonisation continue permet de faire évoluer les mentalités en banalisant le changement. Ce dernier fait partie du quotidien et devient une habitude.

Ainsi, le freins au changement disparaissent. Tous les potentiels sont libérées et s’équilibrent dans une harmonie parfaite propice à la pérennité de l’organisation.

L’harmocratie est une innovation sociale disruptive modifiant totalement notre vision des organisations et de ce que doit être une organisation.

Elle s’inscrit donc comme une réponse à la complexification de notre monde non pas en simplifiant les mécanismes de décisions mais en pilotant réellement la complexité par la construction d’une entité organique et intuitive dont toutes les composantes actives s’harmonisent.

3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Pierre Hall dit :

    Une autre révolution la méditation. Si vous êtes tenté par une vie moins stressante, il existe un lien à télécharger gratuitement sur http://goo.gl/ml9LJa qui traite ce sujet par Pierre Hall

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  2. Bonjour,

    Un excellent concept, vraiment. J’aimerais vous proposer de me rejoindre dans mon intention de créer un parti politique dédié à la transition sociétale du XXIème siècle. Pour ce faire j’ai crée un groupe sur FB, qui est privé, où je cherche à réunir quelques personnes (5 ou 6), convaincues par le changement que la troisième révolution industrielle va apporter.

    Votre concept va tout-à-fait dans le sens de ma conception de l’avenir de l’économie qui est ce que j’ai appelé le contributisme. Si vous êtes intéressé, nous vous accueillerons bien volontiers dans notre -très- petit groupe https://www.facebook.com/groups/535744523224178/

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